confinement obsessionnel #13

R. W. FASSBINDER

seule, fantôme orpheline de naissance, j’arpentais les rayonnages de la toute nouvelle médiathèque d’une petite ville de province; laquelle n’était pas sans me rappeler « Der Himmel über Berlin » par l’immensité de l’espace. /par souci de juste répartition, je remontais la liste des noms tantôt par A tantôt par Z. /un après-midi ensoleillé, tandis que je franchissais le seuil de la lettre F mes yeux furent attirés par un rayonnage entier lequel n’en finissait pas!, me sembla-t-il à l’époque : j’étais là devant ce nom inconnu précédé de deux initiales : R. W. FASSBINDER

comment choisir? il n’y a pas de résumé en quatrième de couverture…

R. W. FASSBINDER lorsqu’il s’agit de théâtre filmé s’amuse à confondre les décors et les actrices; pas pour le mystère je présume mais parce que l’être humain a développé quelque habilité à la dissimulation

Cioran a écrit, très justement, à mon avis :  » Mystère. – mot dont nous nous servons pour tromper les autres, pour leur faire croire que nous sommes plus profonds qu’eux »

c’est pourquoi son parti pris contre une société masculine dominante (à différencier d’un parti pris pour les femmes dont nous ne pouvons que convenir qu’elle appartiennent également au genre humain avec les qualités et les défauts que cela comprend) reste fondamentalement ancré dans ma quête d’une existence sincère bien qu’amère.

En découvrant son adaptation du « women in new-york » de Clare Boothe Luce, c’est tout mon enthousiasme de jeune femme s’interrogeant sur son devenir de femme de lettre qui refait surface …aujourd’hui contemplé avec une candeur acrimonieuse …tous les sens en éveil

>>> Merci aux libraires de la médiathèque de cette petite ville de province de m’avoir permis de découvrir tout le théâtre de Fassbinder <3 <3 <3

Publié par

Céline Rozie George Milosz

passion volcan